Dans l’univers musical de Twin Peaks The Return

La saison 3 de Twin Peaks nous réserve de nombreuses surprises. Outre, le fait que la série de David Lynch et Mark Frost reste un OVNI visuel et cinématographique, mélangeant violence, folie, surnaturel, poésie, combat entre le bien et le mal, elle est également d’une grande richesse musicale. Sur les 18 épisodes de la dernière saison, on retrouve le thème d’ouverture d’Angelo Badalamenti et les différentes ambiances (jazzy, expérimentale) conçues par le cinéaste et son compère. De plus, à ses cotés depuis plus de 10 ans, le designer sonore, Dean Huley, s’occupe d’habiller la série de nappes sonores à la frontière entre bruitage et musique, donnant ainsi vie à un grondement, un souffle ou encore à l’électricité. Cerise sur le gâteau, la majorité des épisodes voit se produire un groupe dans le cadre d’un concert au Bang Bang Bar, autant d’occasions pour Lynch de faire la lumière sur des artistes qu’il affectionne tout particulièrement. Deux BO sont désormais disponibles, l’une recueillant l’univers de la série, l’autre dédiée à la scène du Bang Bang Bar à laquelle s’ajoute un recueil des sons de Dean Hurley (Anthology Resources, Vol. 1). La série ne manquera pas de faire débat entre pro-contre-déçus, pour ma part, je vous propose de « marcher avec le feu »  grâce à cette petite sélection de morceaux d’une œuvre unique à mes yeux…

ChromaticsShadow

Nine Inch Nails She’s gone away

Dave BrubeckTake five

Sav AbinitioI’m a good man

TroubleSnake eyes

Au revoir SimoneLark

Bonus : Angelo Badalamenti et David Lynch : Twin Peaks Love Theme

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Courant d’Air #1741

designklein-14811822Reptaliens, FM-2030, 2017.

Premier album pour le couple Browing. Originaire de Portland, le groupe s’inscrit dans une démarche plutôt « cool » qui n’est pas sans rappeler un certain Mac DeMarco. @reptaliensband

Girls In Hawaii, Nocturne, 2017.

Rythmiquement, le groupe prend quelques risques, et cela paye. L’exaltation véhiculée par leurs morceaux est intacte, en grande partie grâce aux voix toujours tendues et chargées. @gihband

Starsailor, All This Life, 2017.

Pour résumer simplement l’album, on peut dire que c’est l’émotion par la simplicité. @Starsailorband

Protomartyr, Relatives In Descent, 2017.

Sauvage et maitrisé, ce nouvel album de Protomartyr démontre qu’ils sont clairement le haut du panier post-punk. Les musiciens concoctent ici le mélange, savant, entre la violence et la mélodie.

Pale Seas, Stragazing For Beginners, 2017.

Un son typiquement britannique pour le premier album des natifs de Southampton. Les fantômes de la période britpop se réveillent pour notre plus grand plaisir. @paleseas

 

Rencontre avec des lapins de Stupeflip

Le 16 septembre dernier, Stupeflip donnait rendez-vous à ses lapins pour une Flip Party. En vue d’un 4ème album, le groupe a lancé une campagne de crowdfunding qui a réuni 10 fois plus de fond qu’espéré ; de quoi boucler leur projet et réunir tous les fans confédérés dans un immense hangar de 3 200 m² des docks Pullman au Nord de Paris, aménagé pour l’occasion à la « Stup ».

Ambiance. Entre les murs recouverts d’écrans projetant tantôt un fragment de concert, tantôt des artworks de Stupeflip, une soirée non-stop musical : premier concert de Pogo Car Crash Control (très bien d’ailleurs), puis DJ set à la playlist variée mixant du Stup -entre autres-, le tout relevé d’apparition épisodique de Stupeflip sur scène, d’un défilé d’hommes en noir sur La Religion du Stup… L’ensemble dans une ambiance de communion joyeuse des adeptes en transe, un peu surnaturel mais très bon enfant, où les membres assumés du C.R.O.U n’ont pas lésiné sur les déguisements et autres signes de reconnaissance (t-shirt, masque, oreilles de lapin, lapin, titi, argémiones, casimir …). Un moment vraiment top!

Rencontre avec quelques lapins de Stupeflip a qui on a demandé patte blanche : T’es qui? T’es d’où et t’as mis combien de temps pour venir? Pourquoi t’es là? Une chanson? Et sinon stup, tu les suis depuis quand?

PS : vous trouverez en fin d’article des liens photos/vidéos de cette soirée/concert/fête/festival…

PS2 : petite dédicace à Thomas et son cousin

Lapin 1
Vosges en 5 heure
Pour rien
Rien

Marjolaine
Essone, 1h45 quand même
Copine fan et peer to peer c’est moins marrant
Ce petit blouson en daim

Berar et Torgnole
Toulouse et Bretagne
Pour la Flip et pour lui
Die Shit et Menuiserie

Jeff
Breton vivant à Bruxelles
Devine?
Stupeflip 1er album
Depuis 2004/2005

Pierre
Brest
Pour des lapins
Juste les voirs

Cousin (19 ans – Marius)
Reims en 1h
Pour faire la queue et rentrer chez moi
Du Stup et pas le reste, bah oui
4-5 ans

Thomas (29 ans)
Nancy, 1h45 c’est rigolo
Pour la Flip Party
Le spline des petits (live à Nancy)
Le 2ème album (2004 – 2005)

Loïc/Gaétan/Philippe
Alsace; voiture 5h30
Pour faire la fête/je suis le crou/un devoir en tant que lapin
Tout car on est des lapins
15 ans

Sébastien
Paris 20 minutes
Pour la fête
Je suis bouré mais elles sont parfaites
5 ans

Jules 20 ans
Savoie
Parce que c’est le Flip… J’ai vu la place et j’ai pas pu résister
Toutes et Terrora
5 ans

Alix, 34 ans
Brest 4h
Parce que je suis fan de stup
Tout du stup
2005

Michel
Paris 1/2 heure
Ma femme est avocate d’un mec de la Prod
Pour l’accompagner
Il ya 6 mois mais c’est extraordinaire

Jérome
De la bourgeoisie
Parce ce que stupeflip ccrou
Gaelle
Avec un pote et oui FM

Elodie, 25 ans avec le masque sinon 36
Des monts bourgeois
Découvrir et passer un bon moment
Les cages en métal (découverte à l’arrière d’un camion en Aveyron)
7 ans

02
Brest même
Pour faire la teuf avec stup
Le cartable et les ritournelles de pophip
2003

Alizé 37 ans
Région tour, région centre
Pour faire la Fête
J’en ai pas juste qu’il parte
10 ans sur

 

Rod / Kalinath, 33 ans / 36 ans
Brest / Né à Lesneven
Pourquoi? / Pour accomplir ma vie, jai vue le début et je veux voir la fin
Le cœur qui cogne & A Bas la hiérarchie / Le C.R.O.U
Vers 2002

Quentin 22 ans
Laval dans l’Essone, finalement 1h
Pour Stupeflip
Je kiff Popip (troll)
6 ans

 

Maxime 25
Mulhouse a coté 3h
Participer au financement et tout et tout
STup dance
10 ans

Maxence et Anais 20 et 19 ans
Grenoble
Pour Stup
Japon 894
5 ans

Charly 27 ans
Laval
Je les ai vu il y a 5 ans et depuis
Stupeflip et tout le reste
10 ans mais sans connaitre avant

Freddy 26 ans
Haute Normandie mais à Paris 30 min
J’adore Stupeflip…. et tout ca
Peu importe!

3 liens photos : ici, ici et ici

 

Courant d’Air #1740

designklein-14811822Angus And Julia Stone, Snow, 2017.

Quatrième album  en commun pour la fratrie australienne. Les deux voix sont tout bonnement magnifiques, et les mélodies qui les emballent sont d’une douceur qui colle vraiment aux timbres. Effet flocon de neige garanti. @angusjuliastone

The Clentele, Music For The Age Of Miracles, 2017.

Le son d’automne parfait. Toutes les mélodies sentent bon les feuilles mortes et les pulls en laine. Pas à proprement un album-concept, mais un album bien de saison. @theclientele

Cigarettes After Sex, Cigarettes After Sex, 2017.

Après un premier 11 titres autoproduit sorti il y a maintenant 6 ans et uniquement en mp3, le combo revient avec cette fois ci un disque en physique. Pop ambiante et planante au rendez-vous. @CigsAfterSexx

Tinariwen, Elwan, 2017.

Le plus fameux groupe saharien remet le couvert en 2017 avec Elwan. Moi qui suis assez hermétique aux musiques traditionnelles, je dois avouer que je me suis laissé emporter sans problème dans cette fusion rock / touareg.@TINARIWEN

The Horrors, V, 2017.

Un des meilleurs disques de la rentrée. Le curseur idéalement placé entre rock agressif, et éléctro lancinante. @horrorsofficial

Interview de Wellbird.

wellbird2Si les 4 membres de Wellbird ne sont pas des bizuths, leur projet commun est lui par contre tout frais.

Dans un écrin pop, les compositions du groupe naviguent dans des sous-genres toujours proches mais bien distincts.

Pour décrire l’état d’esprit Wellbird, le plus simple est encore de transposer la description qu’ils font d’eux-même:

Faux super-groupe réunissant Sammy Decoster, Jim Paillard (Erevan Tusk) & Nicolas Puaux (Narrow Terence) sous la houlette d’Alex Viudès – opérant lui-même dans chacun des trois projets précités – WELLBIRD est avant tout une affaire d’instinct. Misant sur la bonne entente musicale et humaine pressentie de ce beau monde, ce dernier les réunit avec l’envie fougueuse d’enregistrer une bonne poignée de chansons reflétant ces quatre personnalités. Un projet « simple et rapide, à l’image de ces groupes que l’on montait en une nuit à l’adolescence ».

wellbird

Ayant très vite accroché à leurs compositions, j’ai lancé au groupe une invitation pour une petite interview. Invitation acceptée. Alex Viudès a donc sacrifié un peu de son temps pour Château d’Air. Un grand merci à lui. Et voici ce qu’il a à nous raconter:

  • Je vous laisse vous présenter, et me dire quelques mots sur le parcours de chacun (groupes précédents, instrument joué, …).

Commençons par les présentations. Il y a Jim Paillard au chant/guitare/basse/clavier, aussi chanteur leader d’Erevan Tusk entre autres puis Nicolas Puaux au chant/guitare/basse/clavier, un des deux frères Puaux du groupe Narrow Terence ensuite Sammy Decoster chant/guitare/basse/scie musicale qui officie aussi sous son nom et Valparaiso et enfin Alex Viudès chant/batterie/clavier, le catalyseur de l’équipe qui travaille avec toutes personnes en dehors de Wellbird.

  • Comment s’est faite votre rencontre, sachant que vous avez tous déjà un certain passif dans la musique?

C’est Alex (moi) qui a eu la bonne idée de créer cette rencontre, ahahah (Oui, je m’auto congratule…) Je connaissais tous ces gens depuis pas mal de temps, ayant effectué des tournées, enregistré des albums, j’étais sûr de créer un groupe aussi bien homogène artistiquement qu’humainement! Et ça a tout de suite pris. On était tous enchantés de jouer ensemble, ça allait très vite et on a très vite décidé d’aller enregistrer en studio.

  • Quand on écoute les morceaux, on a presque l’impression d’avoir affaire à plusieurs albums, tellement il y a d’univers différents (de la chanson française de Gris Métallisé ou Marteau au folk épuré de Temptation en passant par le rock de Soldier on the Ground ou la pop de Picture of a Picture). Le travail de composition se fait-il en groupe ou bien chacun apporte «ses chansons»?

Oui, à la base du projet j’avais présenté ça aux gars comme un laboratoire où chacun pouvait ressortir de vielles chansons laissées dans un coin de la tête ou de l’ordi donc des univers différents effectivement. Mais les chansons apportées étaient dans un stade embryonnaire, ensuite on s’est tous retrouvé en répète et on a commencé à mettre les choses en place. Au niveau de la réalisation et production de cet EP c’est moi qui ait tout dirigé en essayant de prendre le plus de recul possible, pas simple des fois quand on joue dans le groupe. Et c’est ce qui fait la force de ce groupe, les univers différents mais avec une ligne directrice, il y a quelque chose qui les relie et qui forme des liens très forts entre toutes ces chansons.

  • Vous n’avez pas peur de justement faire peur à l’auditeur en le déboussolant un peu avec cette variété de styles?

Alors là non pas du tout, et tout est marqué dans le titre si je puis dire ! «  Menu » ahahah…Non, on n’est pas non plus dans un EP qui mélange Ska, Metal Symphonic et musique trad du Kurdistan. On reste dans un format pop song, chanson qui est habillé un peu plus chaudement par-ci, moins par-là, tout dépend du climat qu’on a envie de mettre en place.

  • Le fait d’alterner des morceaux chantés en français et en anglais c’est le fruit du hasard ou bien une démarche qui associe volontairement le style musical au langage?

Même chose pour les langues employées. La langue reste un outil de communication pour faire passer un message par exemple, donner de émotions, mettre un décor… et je pense sincèrement que l’emploie de l’anglais à notre époque n’est plus trop un frein de compréhension car de plus en plus de personnes utilisent et parlent cette langue. Dans le groupe il y a des personnes bilingues, trilingues donc la maîtrise de l’anglais utilisé est là et bien maîtrisé même. On n’a pas non plus voulu se cantonner à une seule langue, dans Wellbird toutes les vannes sont ouvertes et ça fait du bien ! En montant ce groupe je savais pertinemment qu’il y aurait ces deux langues présentes dans les chansons. 

  • Vous précisez vous-mêmes dans votre description que Wellbird est « simple et rapide, à l’image de ces groupes que l’on montait en une nuit à l’adolescence ». Cela signifie-t-il que le projet est éphémère, ou bien y aura-t-il une (des) suite(s)?

On aime bien cette image d’ados qui montent leur groupe du jour au lendemain juste par envie de créer quelque chose ensemble, so 90’s quelque part. Et bien on est dans le même cas. On n’a pas réfléchi, après un dîner où j’avais réuni tout le monde (d’où le titre Menu peut être ?), on est tous parti en se disant qu’on allait monter un super groupe et qu’on allait créer des choses qui nous ressemblent en conservant un esprit de franche camaraderie. L’histoire commence ainsi et n’est toujours pas finie, des choses arrivent pour 2018…

Un grand merci, encore une fois, au groupe pour leur temps. Si vous voulez écouter leur EP, sorti au mois d’avril, c’est juste là (il est aussi possible de le commander en physique):

Leur page Facebook.

Courant d’Air #1738

designklein-14811822Alvvays, Antisocialites, 2017.

Superbe deuxième album pour les ouest-canadiens qui arrivent à mélanger leur son propre aux sonorités et à la nonchalance de la pop anglaises de leurs illustres prédécesseurs tels que les Raincoats ou Heavenly. @alvvaysband

The National, Sleep Well Beast, 2017.

C’est un peu la grosse cote de l’année. Attendu depuis 4 ans (sortie de Trouble Will Find Me en 2013), Sleep Well Beast confirme la qualité d’écriture du groupe. Aucune baisse de niveau dans les compositions, l’émotion est au rendez-vous. @TheNational

Joywave, Content, 2017.

Le groupe de New-York réussit sur son deuxième album à réunir le spleen lancinant de Radiohead et le post-disco sautillant des Two Door Cinema Club. Et oui, cela va bien ensemble. @joywavemusic

Nassau, Heron, 2017.

Le genre d’album qui se laisse écouter, la tête vers le ciel, limite dans les nuages. 

Violet Youth, Primary Nature, 2017.

Premier EP prometteur pour le quatuor anglais. Rien de fondamentalement original dans le son, mais de très jolies compositions, et des mélodies qui restent en tête. @VioletYouth_