Courant d’Air #1744

designklein-14811822Beck, Colors, 2017.

Avec Beck, on est habitué aux changements de style entre chaque album. Colors ne déroge pas à la règle. Il faudra cependant un peu de temps pour se faire au tout nouveau décor du successeur de l’excellent Morning Phase. Le son est clairement éléctr(on)isé, voire funky, mais les mélodies deviennent vite prenantes, si on leur laisse leur chance. @beck

William Patrick Corgan, Ogilala, 2017.

L’ex-Smashing Pumpkins a tranché dans le vif pour cet album. Après l’échec de son premier effort solo en 2005, il revient en reprenant son patronyme officiel, et en changeant radicalement de style. En n’utilisant quasiment que le piano et la guitare, Billy Corgan offre une musique intimiste, qui sonne presque live. Une sorte de musique de chambre moderne, jouée directement à domicile. J’aimais beaucoup Billy, William Patrick commence lui aussi à sérieusement me plaire. @Billy

Courtney Barnett & Kurt Vile, Lotta Sea Lice, 2017.

La grosse affiche indé de cette fin d’année. Kurt et Courtney, acte 2. Si leur rencontre, sur le papier, a tout du coup marketing, il faut reconnaitre que l’album est une réussite. Retour aux origines du rock pour les deux têtes d’affiche qui auront pu mettre en commun tout ce qu’elles savent faire de mieux. @courtneymelba @therealkurtvile

The Luxembourg Signal, Blue Field, 2017.

Superbe album de pop planante pour le second LP des britannico-etats-uniens. Le groupe fondé par d’anciens membres de Field Mice et d’Aberdeen réunit tous les ingrédients pour que la mayonnaise prenne. @LuxSignal

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The Jungle Giants

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Tranquillement assis en terrasse d’un bar à Mexico cet été, j’ai été frappé par la qualité d’un titre qui passait à ce moment-là. J’ai tout de suite voulu connaître le nom de ce groupe. Malheureusement, avec mon espagnol emprunté et l’absence d’internet (donc pas de shazam), il a fallu batailler. Heureusement, j’étais bien accompagné et nous avons pu retrouver l’artiste en recherchant plus tard sur internet les bouts de paroles captés en pointillés.

Le morceau s’appelle Bad Dream et la formation qui en est à l’origine se nomme « The Jungle Giants« . Dès mes premières recherches j’ai été surpris de réaliser que le groupe en est déjà à son troisième album. « Quiet Ferocity » sorti en juillet 2017 succède donc à « Speakerzoïd » sorti en 2015 et « Learn To Exist » en 2013. The Jungle Giants est une formation composée de Sam Hales (chanteur), Cesira Aitken (guitare), Andrew Dooris (basse/chant) et Keelan Bijker (batterie/trombone). Le groupe est originaire du Queensland et plus précisément de Brisbane en Australie. Ils ont signé en 2011 sur le label indépendant Create/Control. Les membres du groupe se connaissent depuis longtemps puisqu’ils ont étudié ensemble au lycée. Jouant dans des groupes différents au début, ils se sont formés plus tard à l’université.

J’ai tout d’abord écouté leur dernier album « Quiet Ferocity » et je suis tombé sous le charme d’un indie rock épuré. On y retrouve la verve australienne que l’on pourrait aussi comparer au rock californien. On s’imagine l’été, autour d’un petit apéritif les pieds dans le sable. Mais The Jungle Giants ce n’est pas seulement ça et Sam Hales, leader du groupe, l’explique très bien. Il a revêtu le costume de producteur et a changé sa manière d’écrire et plus largement de travailler. Inspiré par la philosophie du grand romancier Ernest Hemigway, le groupe décide de professionnaliser son approche. Fini le temps où les paroles de certains titres n’étaient pas définies au moment de l’enregistrer en studio ou bien d’attendre l’inspiration comme le messie. The Jungle Giants travaille tous les jours de 9h à 17h comme vous et moi. En dehors de cela, Sam Hales s’efforce de ne plus penser aux textes écrits plus tôt dans la journée.

J’ai ensuite écouté leur deuxième album « Speakerzoïd ». C’est là que l’on commence à mieux connaître le groupe et  prendre conscience de leur potentiel. Si Quiet Ferocity est plus abouti, Speakerzoïd est un album aux multiples visages. J’ai été bluffé par la palette de styles lyrique et musical du groupe. On passe d’un chant décontracté voire nonchalant à la Beck à du punk-rock en passant par des reefs de guitare simples mais efficaces proche de The Strokes.

Quoiqu’il en soit, c’est une belle trouvaille en ce qui me concerne et leurs albums tournent en boucle depuis un mois dans mon casque… Leur musique vous réconcilie avec les clichés de l’indie rock/pop. Vous tomberez sous le charme de leur son parfois berçant, parfois rentre dedans avec un basse très présente et entraînante et j’espère que cela aura le même effet sur votre modjo que sur le mien. Je vous laisse donc découvrir quelques titres sélectionnés sur leurs deux derniers albums.


 

Live report: Weezer à l’Olympia, 19/10/2017

12 ans après leur dernier passage en France, Weezer nous donnait l’occasion de les voir à Paris ce jeudi. Immanquable pour ma part, Château d’Air a fait le déplacement.

Je tiens tout d’abord à préciser qu’en tant que gros fan du groupe, cet article sera intégralement non-objectif.

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En guise d’apéro, ce sont les natif de Chicago, The Orwells, qui ont pour mission de chauffer le public. Le temps de rentrer dans la salle sur le coup des 20h, leur set débute pile à l’heure, et sera expéditif, c’est le moins que l’on puisse dire. 30 minutes, montre en main. Un peu court à mon goût, car leurs morceaux qui sont déjà excellents sur album passent très bien sur scène.

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C’est un peu avant 21h qu’arrivent enfin les quatre fantastiques de Weezer. Quasiment adepte de la première heure, cela fait donc plus de 20 ans que leurs musiques sonnent et résonnent chez moi. Autant dire que je suis aux anges. et pour être tout à fait franc, l’attente en valait la peine.

Toujours avec ce look d’éternel adolescent, Rivers Cuomo est plutôt touchant comme personnage. Il parle peu, et derrière son air réservé, on sent vraiment qu’il prend du plaisir à être là.

Le set commencera avec 3 vieilleries issues du Blue Album et de Pinkerton. Ensuite viendront les morceaux plus récents, le groupe ayant tout de même un répertoire conséquent dans lequel piocher. S’il est difficile de sortir des morceaux de la setlist (seul Island In The Sun aurait pu passer à la trappe -saturation pour cause de surexploitation radiophonique et télévisuelle), quel plaisir de pouvoir chanter Buddy Holly, Pork And Beans, ou bien encore Beverly Hills en chœur. le public est d’ailleurs fin connaisseur et tous les refrains sont scandés par les presque 2000 spectateurs, la billetterie affichant complet depuis déjà quelques semaines.

Pour résumer, un excellent moment oscillant habilement entre la nostalgie des tubes internationalement connus et reconnus, et des moments plus confidentiels, réservés aux fans.

Pour ceux qui ne pouvaient pas être là, voici un petit condensé de ce qui s’est passé, glané sur Youtube.

 

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Courant d’Air #1742

designklein-14811822Lali Puna, Two Windows, 2017.

Ambiance lourde et mystérieuse, tout en conservant un fond musical assez minimaliste. Joli coup réussi par les allemands qui n’avaient pas publié d’album depuis 2010. @lalipuna_

Sparks, Hippopotampus, 2017.

Les années ont du mal à prendre sur les Sparks, qui montrent que 45 ans (!) après leur premier album ils sont toujours créatifs en pleins d’envie. @sparksofficial

The Magnetic North, Prospect Of Skelmersdale, 2016.

Avec un nom comme le leur, on s’attend plutôt à de la musique calme, raffinée, et qui s’écoute tranquillement dans un bon fauteuil moelleux. C’est exactement ça. @magneticgonorth

Liam Gallagher, As You Were, 2017.

Premier album sous son propre nom pour l’ex Oasis. Sans aide, ou presque, le petit frère Gallagher démontre qu’il sait se promener sans souci entre belles ballades et morceaux plus rock. @liamgallagher

Metz, Strange Peace, 2017.

Pas de paix ici, du moins pour les oreilles. Les Metz ont clairement choisi leur camp et distillent un grunge / garage assez lourd et gras, mais loin d’être monotone. @METZtheband

 

Dans l’univers musical de Twin Peaks The Return

La saison 3 de Twin Peaks nous réserve de nombreuses surprises. Outre, le fait que la série de David Lynch et Mark Frost reste un OVNI visuel et cinématographique, mélangeant violence, folie, surnaturel, poésie, combat entre le bien et le mal, elle est également d’une grande richesse musicale. Sur les 18 épisodes de la dernière saison, on retrouve le thème d’ouverture d’Angelo Badalamenti et les différentes ambiances (jazzy, expérimentale) conçues par le cinéaste et son compère. De plus, à ses cotés depuis plus de 10 ans, le designer sonore, Dean Huley, s’occupe d’habiller la série de nappes sonores à la frontière entre bruitage et musique, donnant ainsi vie à un grondement, un souffle ou encore à l’électricité. Cerise sur le gâteau, la majorité des épisodes voit se produire un groupe dans le cadre d’un concert au Bang Bang Bar, autant d’occasions pour Lynch de faire la lumière sur des artistes qu’il affectionne tout particulièrement. Deux BO sont désormais disponibles, l’une recueillant l’univers de la série, l’autre dédiée à la scène du Bang Bang Bar à laquelle s’ajoute un recueil des sons de Dean Hurley (Anthology Resources, Vol. 1). La série ne manquera pas de faire débat entre pro-contre-déçus, pour ma part, je vous propose de « marcher avec le feu »  grâce à cette petite sélection de morceaux d’une œuvre unique à mes yeux…

ChromaticsShadow

Nine Inch Nails She’s gone away

Dave BrubeckTake five

Sav AbinitioI’m a good man

TroubleSnake eyes

Au revoir SimoneLark

Bonus : Angelo Badalamenti et David Lynch : Twin Peaks Love Theme

Courant d’Air #1741

designklein-14811822Reptaliens, FM-2030, 2017.

Premier album pour le couple Browing. Originaire de Portland, le groupe s’inscrit dans une démarche plutôt « cool » qui n’est pas sans rappeler un certain Mac DeMarco. @reptaliensband

Girls In Hawaii, Nocturne, 2017.

Rythmiquement, le groupe prend quelques risques, et cela paye. L’exaltation véhiculée par leurs morceaux est intacte, en grande partie grâce aux voix toujours tendues et chargées. @gihband

Starsailor, All This Life, 2017.

Pour résumer simplement l’album, on peut dire que c’est l’émotion par la simplicité. @Starsailorband

Protomartyr, Relatives In Descent, 2017.

Sauvage et maitrisé, ce nouvel album de Protomartyr démontre qu’ils sont clairement le haut du panier post-punk. Les musiciens concoctent ici le mélange, savant, entre la violence et la mélodie.

Pale Seas, Stragazing For Beginners, 2017.

Un son typiquement britannique pour le premier album des natifs de Southampton. Les fantômes de la période britpop se réveillent pour notre plus grand plaisir. @paleseas